Le 5 janvier 2026
A travers 4 témoignages autour du développement des énergies renouvelables dans les paysages, il explore comment les démarches de sciences participatives enrichissent les projets territoriaux des collectivités, comme outil de consultation des citoyens et comme levier de décision des politiques publiques. Cet article reprend les propos du webinaire du 13 novembre 2025 intitulé « Sciences participatives et collectivités : de l'écoute à la délibération » et réalisé dans le cadre du programme Territoire Engagé Transition Écologique (T.E.T.E).
Par Eleni MEDAWAR, PhD, Ingénieure Transition Energétique et Biodiversité / Service Planification Energétique, Prospective, Impacts et Territoires (PEPIT) / Direction Bioéconomie et Energies Renouvelables, ADEME.
Une meilleure prise en compte du paysage est une nécessité pour réussir la transition écologique. Le paysage permet d’aborder non seulement la thématique du cadre de vie des habitants, mais aussi de traiter les questions d’appropriation des enjeux climatiques, énergétiques et de préservation de la biodiversité, comme vecteur de dialogue et de mobilisation citoyenne. Il permet d’établir un lien entre les dimensions techniques — notamment la nécessité de réduire la consommation d’énergie et de développer des énergies renouvelables — et les réalités humaines, écologiques et culturelles propres aux territoires. Le paysage – entendu comme l’ensemble des perceptions, des valeurs locales, des usages et de l’identité du lieu – devient ainsi un périmètre central de l’acceptabilité et de la concertation.
Une démarche paysagère implique de :
Les sciences participatives permettent de :
Par Constance CHRONOWSKI, chargée de mission transition énergétique et Aurélie BIGUET, chargée de planification, à la Communauté d'agglomération de Vichy
Vichy Communauté a sollicité ses habitants aux côtés d’élus et d’experts pour recueillir leurs perceptions et attentes sur le paysage, les usages, les évolutions offertes par les énergies renouvelables et leur intégration paysagère. (H3) Vichy Communauté a organisé des ateliers citoyens et des balades de paysage Pendant ces ateliers et balades, la collectivité s'est appuyée sur des contributions numériques (questionnaires et géolocalisation d’usages). Cette participation citoyenne a permis d’identifier des attentes très précises des habitants, comme :
Ces résultats ont été croisés avec les contraintes techniques (potentiel d’énergies renouvelables, servitudes, zonages) pour alimenter les livrables du " Plan Paysage et Transition Energétique" qui concilie ainsi les objectifs locaux de production d'énergie renouvelable (x3 d'ici à 2050) avec le respect du cadre de vie et de vue des habitants du territoire.
Si la démarche a permis de créer du dialogue, d’augmenter la légitimité du projet aux yeux des habitants et d’éviter des conflits d’usage ou des résistances tardives, Vichy Communauté a dû faire face à certaines difficultés : mobiliser un panel représentatif d’habitants sur la durée, garantir la continuité entre l’atelier et l’arbitrage politique, intégrer les retours dans les contraintes budgétaires/techniques des projets.
Par Romain Julliard, Professeur d'écologie au Muséum national d'histoire naturelle, directeur de l'unité de service Mosaic - Méthodes et Outils pour les sciences participatives
Romain Julliard rappelle que les sciences participatives sont des dispositifs dans lesquels des citoyens – novices ou passionnés – contribuent à la collecte, l’analyse, le suivi ou la diffusion de données scientifiques. Ces démarches sont déjà transposées à l'échelle des territoires et s’articulent avec les politiques publiques des collectivités : par exemple en fournissant des jeux de données territoriales (biodiversité, usages, perceptions), en intégrant les habitants comme « observateurs », et en mobilisant ces retours dans la gouvernance.
Plusieurs programmes du Muséum national d'histoire naturelle en partenariat avec des collectivités ont été présentés :
L'intervenant souligne que la réussite d'un projet de repose sur trois conditions :
Ce webinaire a permis de montrer que la participation est un levier d’acceptabilité, mais aussi d’innovation locale et d’ancrage territorial. Les sciences participatives doivent être perçues également comme un outil d'éducation, de mobilisation et de co-gouvernance. Elles sont intégrables dans tout le cycle décisionnel des collectivités : de la définition des questions à la restitution des données, en passant par leur analyse mais également jusqu'au pilotage des politiques qu'elles ont contribué à co-construire.
Ces démarches peuvent être valorisées dans les référentiels du programme TETE, notamment dans les actions mobilisant la société civile et les associations et développant la concertation.