Le 11 juin 2026
La **qualité de l’air *s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur pour les collectivités. Si les émissions de polluants ont globalement diminué en France depuis vingt ans, la pollution de l’air demeure responsable d’environ 40 000 décès prématurés chaque année. Dans le même temps, le changement climatique favorise la multiplication des épisodes de pollution, notamment à l’ozone lors des périodes de fortes chaleurs.
À travers son webinaire de février 2026, le programme Territoire Engagé Transition Écologique vous partage des clés de compréhension pour mieux saisir les nouveaux cadres réglementaires, les leviers d’action possible à l’échelle des collectivités et les stratégies émergentes sur ce sujet. Nous vous en partageons aujourd’hui une synthèse !
La nouvelle directive européenne adoptée fin 2024 marque un tournant important. Elle fixe des objectifs plus ambitieux à atteindre d’ici 2030, avec une convergence progressive vers les recommandations de l’OMS à horizon 2050. Pour certaines collectivités, cela impliquera de réduire considérablement les concentrations de polluants en seulement quelques années.
Les principaux polluants concernés sont :
« Les effets de la pollution sont cumulatifs et s’inscrivent sur le long terme. Anticiper les objectifs 2030 doit commencer dès maintenant. » Chantale Derkenne, Ingénieur Service Qualité de l’air (ADEME)
L’enjeu sanitaire majeur réside donc dans la concentration de polluants dans l’air respiré par les habitants, plutôt que dans les émissions issues des activités humaines.
Même si la qualité de l’air s’améliore à l’échelle nationale, les efforts restent insuffisants dans de nombreux territoires, notamment urbains. Certaines agglomérations demeurent proches, voire au-dessus des futurs seuils européens.
Or, agir sur la qualité de l’air nécessite du temps. Les collectivités doivent souvent engager des transformations structurelles, relevant de diverses politiques publiques : mobilité, santé, urbanisme, habitat, énergie ou encore environnement.
Pour accompagner cette transition, l’ADEME propose notamment le dispositif AACT-Air, qui permet aux collectivités de :
Face au renforcement des exigences réglementaires et aux enjeux sanitaires associés, la qualité de l’air devient un axe structurant des politiques locales. Elle nécessite une approche transversale et les collectivités sont amenées à combiner diagnostic, planification et évaluation des actions pour réduire durablement l’exposition des habitants aux différents polluants, en raison de leur forte concentration.
La Métropole Rouen Normandie (503 772 habitants) a intégré la qualité de l’air comme enjeu prioritaire dès son PCAET adopté en 2019. Malgré une baisse importante des émissions, le territoire connaissait des dépassements de NO₂ et une qualité de l’air dégradée environ un jour sur dix.
La collectivité a donc déployé plusieurs actions complémentaires : mise en place d’une zone à faibles émissions (ZFE), aides à la conversion des véhicules, développement des mobilités actives, rénovation énergétique ou encore le Fonds Air Bois pour remplacer les équipements de chauffage polluants.
La CA Saint-Malo Agglomération (87 655 habitants) a choisi de s’engager volontairement pour le développement de politiques en faveur de la qualité de l’air, notamment en raison de l’impact sur la santé publique et l’inquiétude croissante de la population à ce sujet.
Des études d’impact sanitaire, des dispositifs de mesure supplémentaires pour accroître la production de données et une gouvernance associant acteurs de santé; services de l’État et partenaires techniques ont permis de structurer une stratégie adaptée au territoire.