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Sobriété d’usage des bâtiments publics : quels leviers pour réduire les consommations ?

Le 11 juin 2026

Une sobriété déjà présente, mais peu structurée

Face à la hausse des coûts de l’énergie, les collectivités disposent d’un levier rapidement mobilisable : la sobriété d’usage des bâtiments publics. Sans engager immédiatement de travaux lourds, il est en effet possible de réduire les consommations en adaptant le fonctionnement des équipements aux usages réels.

• Bon à savoir : 43 % de la part de consommation d’énergie en France est due à l’utilisation des bâtiments en 2024*

*Source : https://www.ademe.fr/les-defis-de-la-transition/batiments/

De nombreuses actions sont déjà mises en œuvre sans être toujours identifiées comme de la sobriété : baisse des températures de chauffage, extinction de l’éclairage extérieur ou ajustement de leurs horaires, … Pourtant ces mesures peuvent générer des économies significatives lorsqu’elles reposent sur une bonne connaissance de l’occupation réelle des bâtiments.

Des actions concrètes à mettre en place pour plus de sobriété à l’échelle des collectivités

La sobriété consiste avant tout à consommer uniquement lorsque cela est nécessaire. Plusieurs leviers peuvent ainsi être mis en place dans les bâtiments publics :

  • Réduire les périodes et horaires de chauffe
  • Diminuer la ventilation pendant les périodes d’inoccupation
  • Éteindre ou aménager les horaires d’éclairage extérieur
  • Limiter l’eau chaude dans certains bâtiments publics (hors santé et petite enfance)
  • Sensibiliser les usagers aux écogestes (bon usage de la ventilation, du chauffage et de l’éclairage, ouverture adaptée des fenêtres, etc.)
  • Céder des bâtiments après regroupement d'activités Les Conseillers en Énergie Partagés (CEP) et les économes de flux soutenus par le programme ACTEE accompagnent les petites communes dans leurs projets de rénovation énergétique et interviennent également sur ces enjeux de pilotage et de sensibilisation des publics.

Mieux connaître les usages pour piloter

Pour structurer leur démarche, les collectivités doivent croiser les consommations énergétiques avec les usages réels des bâtiments : horaires d’occupation, fréquentation ou besoins en termes d’espace ou de confort. L’implication des agents et des usagers est essentielle pour favoriser l’adoption de bonnes pratiques et permettre un usage sobre du bâtiment.

À plus long terme, cette réflexion peut s’inscrire dans un Schéma Directeur Immobiliser et Énergétique (SDIE), afin d’optimiser durablement le parc bâti. Cette feuille de route permet d’analyser le patrimoine existant au regard de la transition écologique, pour rationaliser les coûts et planifier des investissements sur le long terme.

Avec le programme Territoire Engagé Transition Écologique, les collectivités bénéficient d’un accompagnement sur-mesure avec plus de 130 conseillers mobilisés sur le territoire. La plateforme numérique mise à disposition assure par ailleurs un suivi efficace et centralisé, ce qui favorise l’atteinte des objectifs fixés dans votre plan d’action.

En Normandie, la mutualisation des espaces comme levier de sobriété

Une Communauté de communes de Normandie (33 000 habitants) [PR9.1]a mis en place son propre Schéma Directeur Immobilier et Énergétique (SDIE) afin d’analyser les usages de ses bâtiments publics. Ce travail a notamment permis d’identifier plusieurs mutualisations possibles entre équipements et services.

Le partage de certains espaces entre école et la réorganisation de locaux existants a rendu possible la réduction de son parc immobilier de 2 600 m², tout en réalisant des économies d’énergie substantielles. Une démarche qui montre que la sobriété passe aussi par une meilleure utilisation des bâtiments publics déjà occupés.

À Rennes, partager les bâtiments pour éviter de construire

Depuis 2023, la ville de Rennes (226 654 habitants) expérimente une démarche de chronotopie pour optimiser l'usage des espaces scolaires existants en intégrant la dimension temporelle dans leur programmation. L’objectif est de répondre aux besoins croissants liés au périscolaire sans construire davantage de surface mais en pensant l’utilisation des bâtiments pour plusieurs usages, selon les horaires.

Cette démarche repose sur un diagnostic des usages, la co-conception de solutions avec les agents et les acteurs du quartier, puis différentes phases tests avant la rénovation de l’école prévue en 2027. Trois scénarios d’usage des bâtiments publics ont déjà permis d’éviter la construction de 200 m² supplémentaires, soit une économie de 800 000 €.*

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